phénomènes de société
Histoire des Yakuza
Origine du nom
Le mot "yakuza" est tiré d'une combinaison perdante du jeu de carte japonais appelé hanafuda. Cela signifie 8 9 3 :
- "ya" vient de yattsu, qui signifie huit (peut également se dire hachi),
- "ku" veut dire neuf (le mot kyu est aussi utilisé),
- "za" est sans doute une déformation de "san" qui veut dire
trois.
Ce nom signifie donc "perdants". Les Yakuzas sont donc à l'origine issus des plus pauvres, des exclus de la société. Un de leur particularité est se couper parfois volontairement une phalange en marque de soumission pour se racheter.
Les premiers Yakuzas
Les premiers Yakuzas se sont rassemblés pour se défendre contre les samouraïs.
Les Yakuzas aujourd'hui
Les principales familles
- Yamaguchi-gumi
- Sumiyoshi-rengo
- Inagawa-kaï
- Tao Yuai Jigyo Kumiai
Otaku

Otaku (おたく en hiragana, ou お宅 en faisant usage du kanji) est un terme japonais composé de la préposition honorifique « o » (お) et du substantif « taku » (宅) signifiant maison, demeure, le chez-soi. Originairement conçu pour désigner toute personne se consacrant à un hobby, le terme a par la suite acquis une connotation péjorative. Il désigne aujourd'hui surtout une personne (souvent un homme) qui se replie sur elle-même et ne vit plus que pour une passion : poupée, culte d'une « idole » (souvent une jeune chanteuse), ordinateur (nerd), etc.
Cette nouvelle signification est donc très proche du sens premier du mot, c'est-à-dire « une personne qui reste chez elle et qui ne sort pas », qui vit en ermite.
Jean-Jacques Beineix et Jacky Bastide ont réalisé un documentaire, Otaku : fils de l'Empire du virtuel, diffusé en 1994 sur Antenne 2, sur cette personnalité sociale alors émergeante au Japon.
Étienne Barral a pour sa part écrit un livre en 1999 intitulé Otaku, les enfants du virtuel, racontant ses rencontres avec des Otaku, ses analyses et ses questionnements sur ce phénomène de société qui touche de nombreuses personnes, au Japon ou ailleurs.
Au départ, l'otaku était considéré par les Japonais comme un inadapté. Depuis la création du Studio Gainax (Evangelion...), composée exclusivement d'otakus, ce point de vue tend à évoluer. Ce studio a d'ailleurs réalisé deux OAVs ayant pour héros des otakus : Otaku no Video, suivi de More Otaku no Video. Genshiken aborde également le sujet.
Nomikai
Nomikai (飲み会) signifie littéralement « réunion pour boire », et désigne les soirées que font les japonais pour se détendre. Ces soirées se déroulent généralement en Izakaya, un genre de bar-restaurant.
Si on parle de nomikai pour une sortie entre amis, le véritable phénomène de société est la nomikai entre collègues de bureau. Il n'est pas rare de croiser ces groupes de salarymen parfois ivres morts dans le quartier de Nihombashi.
C'est toujours le chef qui propose de partir en nomikai, et pour les autres, il est impossible de refuser.
Une nomikai commence toujours par le fameux « Kampai ! » (on trinque, « Santé ! ») et se termine par un savant calcul de division de la note faisant en sorte que les plus jeunes payent le moins cher, les plus âgés plus cher, et entre les deux l'échelle est plus ou moins linéaire.
Ronin
Dans le Japon médiéval, les ronins (浪人) étaient des samourais sans maître.
En 1700, le seigneur Asano Naganori fut
nommé pour recevoir une délégation
impériale qui devait offrir un cadeau au shogun de a art de Sa
Majesté. Le clan Asano était riche, grâce aux
salines établies sur son territoire. Toutefois, Asano
était trop mal élevé ou trop idéaliste pour
comprendre que sa nomination devait être compensée par un
généreux cadeau fait au maître de
l’étiquette du shogun, le seigneur Kira Yoshinaka.
L’avarice apparente d’Asano mécontenta Kira, qui
refusa de lui expliquer le rituel de réception. Le malheureux
fit donc bourde sur bourde. Derrière lui, Kira le critiquait
sans cesse à haute et intelligible voix. En définitive,
Asano tira son épée dans le palais du shogun et attaqua
Kira, le blessant au front. Il fut, bien entendu, condamné
à se faire seppuku et son clan fut aboli.
Le karo du clan Asano, Oishi Kuranosuke, présenta une
pétition au gouvernement, demanda le rétablissement du
clan. Cela lui fut refusé. Il expliqua alors aux autres
samouraïs qu’il leur était impossible
d’attaquer légalement Kira. Leur ennemi était riche
et influent. Il risquait d’engager trop d’hommes pour
qu’on puisse les vaincre. La plupart des samouraïs
comprirent et s en furent. Toutefois, il en resta cent vingt-cinq qui
envoyèrent à Oishï un serment de vengeance,
signé de leur sang.
Oishi passa l’année suivante dans le quartier des geishas
d’Edo. Il était ivre la plupart du temps et semblait avoir
tout oublié de son ancien maître, Il divorça et
obligea sa femme à prendre tous ses enfants avec elle, sauf son
fils aîné, Il retourna leur serment aux samouraïs.
Une cinquantaine les lui renvoyèrent.
Enfin, lors du dernier mois de l’année, Oishi convoqua les
ronins loyaux. Ils étaient quarante-sept, dont Oishi et son
fils. Ils mirent des vêtements neufs, noirs, Ils
s’introduisirent dans le palais de Kira, tuèrent tous les
samouraïs qui s’y trouvaient et décapitèrent
Kira lui-même. Ils apportèrent sa tête à la
tombe d’Asano, dans le temple de Sengakuji, comme si
c’était un trophée pris sur le champ de bataille.
Le conseil du shogunat fut impressionné par la valeur et la
loyauté de ces ronins, mais se devait de maintenir la loi et
l’ordre. Il leur accorda quand même l’honneur de se
faire eux-mêmes seppuku. Leurs corps reposent au cimetière
de Sengakuji et reçoivent chaque jour la visite de touristes
admiratifs.
Après la période Sengoku (1467-1568), l'image des samourais se dégrada, et ils furent considérés comme des mercenaires à la solde de leurs maîtres. C'est à cette époque que le nombre de ronins augmenta. Les ronins combattaient pour leurs idéaux. On leur associait souvent l'image du preux chevalier. Nombre d'entre eux devinrent des prêtres bouddhistes errants (Komuso), vivant d'aumônes.
Aujourd'hui ce terme désigne les étudiants qui échouent et repassent indéfiniment leur examens. Cet usage dérive probablement de l'analogie suivante : ils n'ont aucune école (ils sont des SFF ou Sans Fac Fixe — tiré du manga Love Hina —), et un samourai ronin n'a pas de maître à servir. Il y a également un parallèle entre la honte du ronin original et sa manière d'esquiver les examens.
Salaryman
Salaryman est le terme par lequel les japonais désignent les
« cadres » non dirigeants d'une entreprise. Ce
mot, pourtant à consonance anglaise, n'existe que dans la langue
japonaise.
Plus qu'un type de poste ou de responsabilités, ce mot désigne un style de vie masculin, dans lequel le travail et les collègues de travail occupent l'essentiel du temps et des centres d'intérêts du salaryman.
Il est à noter que, contrairement à ce que suppose le terme cadre, ce type de poste est accessible au Japon à la plupart de ceux qui terminent leur premier cycle universitaire (3 années d'études).
Hikikomori

Les Hikikomori (Japonais : ひきこもり ou 引き篭り) sont des adolescents ou jeunes adultes qui se sentent accablés par la société japonaise, ont le sentiment de ne pas pouvoir accomplir leurs objectifs de vie et réagissent en s'isolant de la société. Les hikikomori refusent souvent de quitter la maison de leurs parents et s'enferment parfois dans une même pièce pendant plusieurs mois voire années. Selon certaines estimations, il y aurait un million de hikikomori au Japon, soit une personne jeune sur dix. La plupart de ces personnes sont de sexe masculin, souvent des fils aînés.
Les causes de l'isolation
Il y a une forte pression de la société japonaise sur les adolescents et les jeunes adultes au Japon. Cette pression a plusieurs origines.
L'un des plus grands soucis des adolescents japonais est d'être performant à l'école, où ils doivent faire face à la pression des parents et de la société en général. Dans certains cas, la pression commence avant l'entrée à l'école maternelle. Il arrive en effet parfois que les jeunes Japonais doivent passer un examen d'entrée (入学試験) pour intégrer la meilleure école préscolaire, qui prépare les enfants aux examens des meilleurs jardins d'enfants. Ces derniers préparent l'entrée aux meilleures écoles primaires. On peut ainsi pousser la logique jusqu'à l'accès en université. Beaucoup d'adolescents prennent même une année complète après le lycée, en tant que rônin (浪人) pour préparer le concours fatidique d'entrée à l'université. Bien sûr, plus l'université est prestigieuse, plus l'examen d'entrée est difficile. L'université la plus prestigieuse et la plus difficile est l'université de Tokyo(東大).
Après l'obtention du diplôme, les Japonais ont encore à affronter le marché du travail au Japon. Il est fréquent qu'ils trouvent uniquement un petit boulot, avec petit salaire, ce qui les empêche de fonder une famille.
Une autre forme de pression provient des étudiants eux-mêmes, qui agressent et rejettent certains autres étudiants pour leur apparence, leur condition physique, leur santé ou encore leur ethnie...
Les symptômes de l'isolation
Beaucoup de personnes ressentent la pression du monde extérieur, et peuvent ressentir un sentiment d'agoraphobie. Un hikikomori réagit donc en se retirant complètement de la société, évitant tout contact avec le monde extérieur. Il s'enferme dans sa chambre pendant des durées prolongées, souvent mesurées en années. Il n'a souvent aucun ami et passe la plupart de son temps à dormir, regarder la télévision ou jouer à l'ordinateur. Les hikikomori incarnent les célibataires endurcis de l'extrême.
Mais la volonté de se retirer de la société grandit généralement progressivement. Les hikikomori ont l'air malheureux, sans amis, timides et peu loquaces. Souvent également, ils sont rejetés à l'école, ce qui constitue l'élément déclencheur du phénomène d'isolement.
Réaction des parents
Avoir un hikikomori à la maison est souvent considéré comme un problème qui doit rester interne à la famille et beaucoup de parents attendent longtemps avec de rechercher l'aide de psychologues. Avoir un hikikomori à la maison est, de plus, souvent embarrassant. Aussi, au Japon, l'éducation des enfants est traditionnellement assurée par la mère. Le problème du hikikomori est ainsi souvent laissé à la seule charge de la mère, par le père. Au début, les parents espèrent que les problèmes se régleront d'eux-mêmes. Ils voient cette situation comme un passage à vide temporaire de leur enfant. Les parents ne savent donc pas quelle attitude adopter. Il est rare qu'ils forcent leur enfant à réintégrer la société.
Les effets de l'isolement
La manque de contact social et l'isolation prolongée ont un effet dévasteur sur la mentalité des hikikomori. Ils perdent leurs capacités à vivre en société et les références morales normales. Souvent, ils ont des difficultés à distinguer le bien du mal. Leur poste de télévision ou leur ordinateur devient alors leur unique point de référence.
Si le hikikomori reintégre finalement volontairement la société - souvent après quelques années, il doit faire face à un sérieux problème : rattraper les années d'école perdues. Cela rend le retour dans la société encore plus difficile. Ils ont peur que les autres découvrent leur passé de hikikomori. Ils se sentent également mal à l'aise avec les étrangers.
Leur peur peut se transformer en colère et leur manque de références morales peut les conduire à des comportements violents voire criminels. Certains hikikomori attaquent leurs parents. En 2000, un hikikomori de 17 ans a pris le contrôle d'un bus et tué un passager. Un autre cas extrême est celui d'un hikikomori ayant kidnappé et séquestré une jeune fille pendant neuf ans. Un autre a tué quatre fillettes afin de reproduire une scène de manga. Les comportements de violence sont toutefois souvent difficiles à établir car les familles préfèrent taire la vérité.
Traitement
Il existe différents points de vue concernant la manière de traiter les hikikomori. Les avis divergent surtout entre les Japonais et les Occidentaux. Les experts japonais suggèrent généralement d'attendre que le hikikomori réémerge dans la société par la force des choses. Dans de nombreux cas, une aide psychologique est nécessaire, les parents étant totalement submergés et impuissants face au problème. Bien qu'il existe des cellules d'aide spécialisée, beaucoup de hikikomori et de parents ressentent encore le manque de soutien.
Ailleurs dans le monde
Le phénomène de retrait apparait comme étant essentiellement japonais, mais les jeunes du monde entier subissent de telles pressions, créant souvent des comportements similaires. Ces derniers aboutissent parfois à des situations extrêmes comme le massacre du lycée Columbine, à Littleton, dans le Colorado.



